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Blessures et pathologies courantes chez les surfeurs

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Tout comme les autres sportifs, le surfeur n’est pas épargné par les blessures et autres pathologies. Contrairement aux idées reçues, évoluer dans l’eau ne réduit pas les risques de blessures en surf. C’est un terrain de jeu qui possède ses propres dangers. La pratique du surf sollicite des muscles bien précis et nécessite des gestes et postures spécifiques auxquels notre corps n’est naturellement pas préparé.

Dans cet article, vous retrouverez les blessures en surf et pathologies les plus fréquentes chez les surfeurs, et nos préconisations pour que vous puissiez retourner à l’eau en bonne santé le plus tôt possible.

On commence tout de suite avec la costochondrite.

La Costochondrite

Ce terme difficile à retenir désigne les irritations dont peut souffrir le pratiquant au niveau du sternum et des côtes inférieures. Ces irritations sont dues aux frottements de la peau contre la planche.blessures-surf-1

En effet, la position de rame adéquate implique de prendre appui sur les côtes les plus basses. Ajoutez à cela les variations du rythme de rame et les à-coups possibles. Vous comprenez alors que si la peau est en contact direct avec la wax et la planche, cela favorise l’inflammation de la zone sujette aux frottements.

C’est ainsi que le surfeur ou le bodyboardeur peut développer de la costochondrite. Les irritations n’ont au départ que l’apparence de rougeurs sur la zone en question, mais, dans le cas d’une pratique intensive et courante, elles peuvent provoquer une infection, voir des complications telles que des douleurs respiratoires.

Dans le cas d’irritations légères, nous vous conseillons de porter un lycra, un top en néoprène ou ne serait-ce qu’un t-shirt au cours de vos sessions. Ceci, pour limiter les frottements. Mais si la douleur est intense et qu’elle ne passe pas malgré l’arrêt de la pratique, consultez votre médecin afin d’éviter toutes complications.

L’Exostose

L’exostose, ne touche pas que les surfeurs mais tous les pratiquants de sports nautiques. Il s’agit de deux os qui, dans l’oreille, sous l’effet de l’eau froide vont pousser dans le conduit auditif et entrainer des infections et troubles sévères de l’audition.blessures-surf-2

Des os qui poussent en surfant ? Mais comment est-ce possible ? Et bien cette excroissance est provoquée par le froid. La peau intérieure du conduit auditif de l’oreille est très fine, et, elle est directement en contact avec l’os. Toutes les stimulations physiques (notamment le froid) sont alors transmises à l’os. Ce dernier réagit alors à ces conditions par une accumulation de feuilletage osseux. C’est cette réaction de l’os à son environnement qui entraine l’apparition d’une excroissance, qui à terme, risque de boucher entièrement le conduit auditif.

Une exostose évoluée se manifeste par une sensation « d’oreille bouchée », par des otites répétées ou bien même par des acouphènes. Le seul traitement applicable est l’opération chirurgicale. Et même dans le cas d’une opération, si l’exostose n’a pas été traitée à temps, elle peut provoquer une baisse des capacités auditives.

Si vous pratiquez le surf lors des périodes les plus froides de l’année, nous vous conseillons de rester attentif aux symptômes de l’exostose. En effet, les conséquences peuvent être graves, et malheureusement, seule l’opération permet pour le moment de traiter cette pathologie. Il existe néanmoins des façons de s’en protéger. Bien se sécher les oreilles après vos sessions : en cas de sensation « d’oreille bouchée » vous pouvez utiliser un coton-tige ou un sèche-cheveux. Mais les bouchons d’oreilles, les bandeaux néoprènes ou encore la cagoule demeurent les options les plus fiables.

Les courbatures et contractures

Les courbatures et contractures sont le lot de tous les sportifs, le surfeur et la surfeuse n’y échappent pas. Mais tout d’abord, définissons bien ces deux termes. La courbature est une douleur au niveau du muscle, elle apparaît un ou plusieurs jours après l’effort, et, elle est le résultat de l’accumulation d’acide lactique dans le muscle. La contracture quant à elle, survient lors de l’effort et s’apparente davantage à une crampe.

Les zones du corps les plus sollicitées en surf sont : les épaules, les lombaires et la nuque. Encore une fois, la position de rame n’y est pas étrangère. Constamment gainées, les lombaires et la nuque du surfeur fournissent un travail de fond tout au long de la session.  Les épaules de leur côté font l’objet d’un exercice fractionné mêlant sprint et récupération active.

Bien plus que de simples articulations, nos épaules sont des structures musculaires très complexes. Elles nous permettent ainsi une grande liberté de mouvement. De nombreux muscles les composent, dans le cadre de la pratique du surf certains sont destinés à la propulsion, d’autres à la stabilité.

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La phase de rame

La phase de rame représente 90% du tempos d’une session. Cette forte sollicitation des muscles antérieurs de l’épaules peut provoquer un déséquilibre musculaire et un enroulement de l’épaule. Des échauffements avant le surf, des étirements après et du renforcement musculaire en parallèle vous permettent d’éviter ce déséquilibre ainsi que les courbatures. Mais, en cas de douleur persistante, nous vous conseillons de consulter un médecin ou un kinésithérapeute. Ceci, pour vous assurer qu’il n’y a pas de risque de développement d’une tendinite.

Le cou et les lombaires sont davantage sujets aux contractures. En effet, le mouvement de la rame, sollicite grandement les disques intervertébraux. De plus, dans cette posture, la ceinture abdominale est très peu mobilisée bien que son développement permet de mieux prévenir les douleurs aux dorsales.

En cas de contracture, arrêtez l’effort et appliquez de la chaleur sur la zone douloureuse et masser afin de détendre le muscle. Il est nécessaire de consulter un médecin afin de s’assurer qu’aucune lésion n’est impliquée. Les contractures au dos peuvent entraîner des douleurs ailleurs le long de la colonne vertébrale, mais aussi des problèmes digestifs.

Bien que les contractures puissent être traitées à domicile, les anti-inflammatoires et les huiles essentielles ne règleront pas le problème à la source, et malheureusement avec l’âge, les contractures laisseront place à de réelles douleurs chroniques. Nous vous conseillons donc, dans le cas cité, de vous rendre chez un ostéopathe, un étiopathe ou un chiropracteur.

Les plaies courantes

L’océan est un terrain de jeu sans limite, il comprend cependant des dangers. Coraux, dérives et rochers sont autant de manières différentes de s’entailler, se couper ou s’érafler pendant vos sessions. Zoom sur ces petites blessures en surf qui gâchent les grandes sessions !blessures-surf-5

Quel magnifique être vivant que le corail ! Ses couleurs vives, ses multiples formes, la fragilité qu’on lui connaît et les vagues de rêve qu’il taille pour nous, nous en font presque oublier le potentiel danger qu’il représente. La coupure sur le récif ou « reef cut » fait partie du CV de tout surfeur qui se respecte. Synonyme d’engagement mais aussi de repos, une simple coupure peut cependant avoir des conséquences plus graves.

En effet, les risques d’infection sont importants. Dans un premier temps, il faut arrêter le saignement en compressant la plaie si nécessaire. Il faut ensuite nettoyer minutieusement la plaie, afin de retirer tous les corps étrangers risquant de provoquer une infection et de ralentir la cicatrisation. Nettoyez ensuite la plaie avec de l’eau, du sérum physiologique et du savon. Enfin, vous pouvez désinfecter avec de la Bétadine. Bien sûr, le surf est proscrit le temps de la cicatrisation.

Remarque : le citron vert seul ne permet ni la désinfection, ni la cicatrisation.

Les dérives

Les dérives sont le gouvernail du surfeur, un élément indispensable à sa glisse. En bois, en résine, en plastique, en fibre de verre ou en carbone, les dérives ont connu bien des matières depuis sa création. Mais aussi, loin qu’on s’en souvienne, elles ont toujours été coupantes. Blessures d’inattention, collisions avec d’autres surfeurs ou choc en immersion après une chute, les façons de se couper sont nombreuses. Mais le résultat est le même : une session gâchée et des points de sutures.

Il n’y a pas vraiment de préconisations dans ce cas, si ce n’est sortir de l’eau et vous rendre aux urgences. Evitez également de reprendre le surf avant cicatrisation complète. Cela dit, il est possible de prévenir ce genre d’accidents grâce aux dérives souples fréquentes sur les planches en mousse pour débutants. Aujourd’hui, un produit plus technique développé par SURFCO HAWAII à destination des surfeurs confirmés est également disponible.

Les rochers

Enfin, les rochers plus présents chez nous que les récifs coralliens n’en demeurent pas moins dangereux. Ils peuvent être cachés sous l’eau pour ne se montrer qu’à marée basse. Ils influent sur les courants marins et peuvent créer des situations très dangereuses pour les surfeurs. À l’instar du corail, ils ont la capacité de provoquer l’apparition de vagues bien plus régulières que celles provoquées par les bancs de sables. Mais le danger reste le même.

Une collision contre un rocher peut avoir des conséquences graves dépassant de loin la planche cassée ou les points de sutures. De plus, les remous et clapots provoqués par les rochers peuvent faire durer des situations dangereuses et ainsi multiplier les risques.

En cas de blessure contre les rochers, il est préférable de consulter un médecin même si les blessures en surf sont superficielles, ou de contacter les secours en cas de traumatisme. Il est impératif d’analyser patiemment le spot avant chaque session et de repérer les potentiels dangers. Ne vous surclassez pas, ne vous lancez pas à l’assaut d’une section rocheuse si vous n’êtes pas prêt. Enfin, prenez garde aux spots impliquant une mise à l’eau et une sortie difficile en raison des rochers.

Le Staphylocoque doré

Le Staphylocoque doré un germe fortement présent sur les plages. On le retrouve dans le sable, où il s’y plait grandement mais ils se développent également dans l’eau de mer quand celle-ci excède les 20°C. On observe cependant une quantité plus importante de staphylocoque doré sur les plages fréquentées par l’homme. Ce qui en réalité n’a rien d’étonnant puisque que nous sommes nous-mêmes et nos animaux de compagnies porteurs sains de ce germe.

Le staphylocoque doré devient donc pathogène lorsque les conditions s’y prêtent : chaleur, humidité, inhalation, ingestion, plaie, sujet malade, etc. Les conséquences d’une infection peuvent être plus ou moins graves : furoncles, panaris, otites, conjonctivites ou encore gastro-entérites. Si la bactérie circule dans le sang, il existe même un risque de septicémie.

En cas d’infection ou de doutes, n’hésitez pas à contacter un médecin. Le staphylocoque doré peut être traité de plusieurs façons selon la nature de l’infection. Une infection cutanée se traite par une bonne hygiène locale. Mais, elle peut également faire l’objet d’un drainage en cas d’accumulation de pus. Les professionnels de la santé ont également recours aux antibiotiques, notamment la pénicilline M. Il est important que le traitement antibiotique soit suivi avec précision pour garantir son efficacité.

Le Tendinite de l’épaule

Le développement de la tendinite ou tendinopathie de l’épaule est favorisée par la pratique intensive du surf. Une tendinite désigne une inflammation des tendons, provoquée par une infection ou par des sollicitations répétées du tendon.blessures-surf-6

Comme nous l’expliquions plus tôt dans le paragraphe, concernant les courbatures, la rotation interne répétée de l’épaule peut engendrer un déséquilibre de la structure musculaire de l’épaule. Et, plus précisément, l’enroulement des épaules vers l’avant. Ce déséquilibre va provoquer des frottements entre les os, les muscles et les tendons de la zone. Engendrant ainsi un fort risque de douleurs tendineuses, puis de tendinite.

Mais comment palier à une pathologie spécifiquement développée par la pratique de notre sport préféré ? Et bien par la pratique d’activités parallèles complémentaires. Nous ne le répèterons jamais assez, le surf est une activité sportive qui doit être associée à d’autre pratiques afin d’être saine pour l’ensemble du corps.

Le yoga

Beaucoup choisissent le yoga pour ses nombreux bienfaits. Car il mélange étirements et renforcement musculaire. Ce sont d’ailleurs les deux moyens de prévention de la tendinite. En effet, il existe de nombreux exercices permettant de lutter contre les conséquences pathologiques de la pratique du surf. Il faut renforcer les muscles supérieurs de l’épaule. Il estblessures-surf-7 possible de compenser l’enroulement de l’épaule vers l’avant, et donc, de retrouver une rotation de l’épaule sans frottement avec les tendons.

En cas de douleurs répétées au niveau de l’épaule, consultez votre médecin pour passer un IRM. Une tendinite rapidement diagnostiquée peut se soigner en quelques semaines, tandis qu’une tendinite bien installée nécessitera plusieurs mois de repos et de rééducation.

Enfin, nous préconisons de pratiquer d’autres activités plutôt qu’uniquement le surf. L’océan et la plage sont de formidables terrains de jeu qui se prêtent parfaitement à une grande variété d’activités sportives complémentaires du surf.

Que ce soit le Stand-up Paddle, la natation, le yoga ou tout simplement les étirements appropriés. Il existe de nombreuses façons de se préparer à la pratique du surf. C’est cette préparation physique qui vous permettra de surfer mieux et plus longtemps.

À bientôt dans notre magasin Avenue Nautique.

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Louis Cano

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